Les voiliers ont quitté la marina, dépassent le phare de la jetée, dessinent et abandonnent leur sillage à la rade boulonnaise et se dirigent vers la ligne de départ placée entre Boulogne sur mer et Wimereux, placée entre le soufre, la misère sociale, le welsh, le hareng et le panier garni de champagne/caviar, le genre réservé, mousse et pampre et je ne parlerai pas d'un élu boulonnais au mariage arrangé, au discours hypocrite diplomatique, privilégiant les origines de sa dulcinée au peuple qui l'a placé, délaissant la façade maritime et son yacht club au profit des bouffeurs de gazon et de parquet, abandonnant le caractère nautonier de la cité pour la hisser sur une remorque agricole.

Bref, je rentre mes aiguillons, mon dard, mes chélicères, mes cnidaires, ma verve assassine et retourne à la béatitude de ces délicieux instants nautiques.

Il fait particulièrement beau en cet après midi de mai, bien qu'un trait nuageux vienne parfois tisser les cieux d'un voile teinté d'un mirifique bleu - gris, et le vent est annonciateur d'une belle joute nautique en baie St Jean, ce qui ravira les nombreux amateurs venus nombreux sur la falaise observer ces vaisseaux modernes aux voiles bigarrées.

En route vers la ligne de départEn route vers la ligne de départ
En route vers la ligne de départ

En route vers la ligne de départ

Le comité de course, embarqué en ce samedi sur le Rez-en-Dour, ne sait pas encore qu'il va orchestrer de superbes manches qui raviront les compétiteurs que nous sommes et leur attitude, leur efficacité, leur sagacité à prévenir les variations sur les différents plans d'eau ne sera pas démenti tout au long du week end !

BRAVO à l'YCO (Yachting Côte d'Opale)

Je tiens également à saluer mon vieil ami Alain, embarqué sur le bateau comité, dont l'âge canonique ne permet plus de flirter avec la compétition mais qui conserve malgré tout le pied marin et continue de naviguer en grand plaisancier et en jeune plaisantin.

Pour la 1ère manche, et pour éviter d'engluer les plus petits rating dans le vent des IRC, le comité lance 2 procédures (une pour les IRC, l'autre pour les Osiris) à 5 minutes d'intervalle.

Le bateau comité

Le bateau comité

Les IRC sont lancés et on voit 3 voiliers prendre rapidement le large et distancer le reste de la flotte, à savoir l'A35 Dunkerque-Dunes des Flandres, le JPK Sous mama boulé, et le Dehler Picsou. Je compte particulièrement sur ces équipages pour me rapporter leurs ressentis lors de cette journée de parcours bananes et offrir ainsi rapidement un récit épique de leurs courses puisque je ne rapporterai dans ces 1ers articles que la vision de notre régate et de nos concurrents directs !

 

5 minutes après ce départ réussi, le comité lance le parcours pour les Osiris. Tout l'équipage est au taquet. Cricri à la barre, Thibaut à la GV, Yann en numéro 1, Ferréol et moi même au réglage du génois alternant avec le piano.

Nous sommes sur notre plan d'eau et il s'agit de tenir la dragée haute aux gravelinois et aux dunkerquois. Ce n'est pas parce que ces villes sont tournées vers la mer et que nos politiques sur Boulogne la délaisse que nous, amoureux de notre cité maritime, devons l'abandonner aux erreurs et à la bêtise des élus. Calme toi mon Pierrix !!

 

Manche1: Nous profitons du préparatoire pour prendre la température de la ligne et conscientiser un départ au bateau comité. Quelques manoeuvres nous permettent de bien nous positionner et hop !, le départ est lancé. Tout est clean sur DF2 et nous tirons parfaitement notre 1er bord. Quand arrive le 1er virement, à l'appel du skipper, nous sommes tous parés. La manoeuvre est parfaite, le bruissement des voiles, le glissement des écoutes autour des winches laisse monter aux cieux une symphonie. Nous sommes rodés et l'équipage vit en parfaite harmonie. A l'approche de la bouée, nous sommes en tête ce qui galvanise nos esprits et nous tirons le bord de "dog leg" pour revenir au portant sur la prochaine bouée. Le spi est parfaitement lancé avec un Yann en numéro 1 au sommet de la maitrise ! Nous sommes attentifs à chaque variation de vents et une belle entente entre équipiers nous permet de prendre encore quelques longueurs sur nos concurrents.

Arrivés à la bouée de virement, nous sommes définitivement en tête, mais il s'agit de ne pas se faire reprendre et tandis que nous observons et calculons le temps mis par nos concurrents, une erreur du 1er poursuivant va entraîner les autres vers leur perdition. En effet, au lieu d'enrouler la bouée et de revenir dans la course, le 2nd va tirer vers la bouée d'arrivée. Une erreur de lecture de l'IC sans doute, mais les autres suivent et nous prenons alors une avance qu'ils ne parviendront pas à boucler.

On achève le parcours sans fausse note. L'équipage remporte la 1ère manche après 1h41mn et quelques vitesses de pointe à plus de 9 noeuds.

Entre deux manches

Entre deux manches

Manche 2: A condition météo identique, stratégie identique et sur cette manche, on ne doit rien laisser, car il n'y aura qu'un seul tour. Tactiquement et pour faire simple, tu prends la mauvaise option, tu ne peux même pas envisager de te refaire; et nous devons compter sur l'esprit pugnace de nos concurrents qui ont décidé de nous coller afin d'éviter leur précédente mésaventure.

Pour le 1er bord, DF2 est bien placé sur la ligne et au vent de la flotte, prêt à laisser nos fumées et distancer nos concurrents. Mais un problème de timing dû au comité ou une maîtrise des Dunkerquois en IRC fait que nous nous trouvons en vis à vis d'eux.

Nous, au départ et eux à la bouée de virement, autrement dit, ça sent la poudre. Les règles de priorité nous forcent alors à une manoeuvre qui nous fait perdre notre si jolie avance. On rouspète, on gueule, on commente, mais on évite l'énervement. Le problème c'est que nous avons les fumées de ces grands voiliers et toutes les difficultés à nous en extraire ! Alors on vire de bord, pour éviter d'être encalminé et nous quittons le bord rapprochant. Foutu timing !! et tandis que les autres Osiris 2 se retrouvent mieux positionnés, nous devons négocier avec le courant pour éviter d'être trop distancé. Malheureusement, ce coup de Trafalgar va nous coûter la manche et ce malgré des réglages optimum et des équipiers opérationnels, sans compter le coût psychologique, qui va laisser croire aux autres qu'ils ont le potentiel de nous prendre, mais c'est sans compter sur notre expérience. L'unique tour de cette manche bouclé, nous affichons une triste 4ème place. Là où certains jetteraient l'éponge, on se regonfle à bloc pour attaquer la dernière manche de la journée qui se déroulera sur 2 tours.

Un coup d'oeil sur les stats: 58 min de course et 4,7 noeuds de moyenne, on a payé cher notre choix au départ en oubliant la flotte des IRC.

 

Préparatifs pour l'ultime course

Préparatifs pour l'ultime course

Manche 3: Tandis que sur Funky shit, Morning Breeze et Lion, on rêve de victoires après la belle réussite de l'épisode précédent, sur DF2, les esprits mathématiques ajoutent une variable aux divers paramètres du plan d'eau: la présence des IRC et leurs positions. Et grâce à l'intégration de cette nouvelle variable, nous nous repositionnons sur la ligne de départ avec des envies de gagne !

Nos autres concurrents comme Stormy weather ou Mimile 1er doivent également réussir à bien se placer dans cette ultime course afin de ne pas se laisser distancer au classement et le départ est lancé.

Tout de suite, on se place tribord amure et on attaque le bord rapprochant dans un vent toujours établi. Sur ce bord, on remonte très haut sur la bouée car le courant est maintenant inversé par rapport aux manches précédentes, et tandis que certains ont déjà viré pour tirer à terre, (erreur fatale), nous continuons sur notre lancée. Funky, se bat comme un beau diable et ne lâche rien, mais au lieu de nous marquer, ils prennent une autre option. Il s'agit pour nous de mettre de la distance et il faut être en tête au passage de la 1ère bouée. Les virements se font dans le plus grand calme, tout le monde connait son poste... et on vire en tête !!

On peaufine nos réglages sur le petit bord qui nous ramène au portant et on assiste à un magistral envoi de spi signé Yann. Sur ce bord, Thibaut reste concentré à la barre et Ferréol règle avec la finesse et l'élégance du dernier Château encore boulonnais, la tenue du spinnaker. On arrive à la bouée, je passe au mât et affale le spi tandis que Cricri à l'embraque règle le génois. et hop, nous voilà reparti. Le chrono est lancé, et Funky est encore dans la course pour la 1ère place. On reste concentré et on repart sur le même bord que précédemment. Mais à mi parcours, le vent refuse et il faut virer bien plus bas que tantôt. Sur les autres voiliers, les choix divergent et le temps de réflexion voit aussi les secondes s'écoulées.

Pour le FRA 5149, ce choix est payant et on se retrouve en tête à la dernière bouée au vent avant de gérer intelligemment le dernier bord de spi sans se préoccuper du Morning Breeze, OCS sur cette course, l'équipage du Feeling n'ayant pas vu le pavillon du rappel individuel qui leur était destiné ! et ce malgré l'élégance du comité de course qui donna, en plus du pavillon, l'info à la VHF.

 

La trace de Douce Folie 2

La trace de Douce Folie 2

Douce Folie 2 claque donc sa seconde manche de la journée, confirmant sa très bonne connaissance du plan d'eau boulonnais et ses caractéristiques spécifiques : salinité de l'eau, chaleur de l'écume, polygamie des phoques marins, magie enchanteresse des cailloux ensorcelés qui sortent leur têtes de l'eau à marée basse, juste devant la descente en pente douce de la Pointe aux oies, cailloux fossiles, souches vestigiales d'une forêt préhistorique dont l'épaisseur et la froideur feraient passer la forêt de Brocéliande pour le petit bois de Maya l'abeille.

Il est temps de rentrer au port et de se préparer pour la soirée des équipages, de revoir nos chers terriens. Quant à la soirée, il fallait y être car ce qui se passe au YCB reste au YCB.

On notera la grande absence de nos élus tant au départ qu'à l'arrivée mais ça, on s'y attendait.

 

Résultat du jour: 1/4/1 et on finit 1er de notre classe. Ce fut une magnifique journée !

La nuit sera courte et demain sera une nouvelle histoire.

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