Avant de m'emballer à vous parler de cette nouvelle démarche mise en place par la Cnam (Caisse nationale d'assurance maladie), je vais vous raconter  une petite histoire arrivée cet après midi à la pharmacie. Un gars se pointe avec une ordonnance pour un copain. Il me remet carte vitale et mutuelle. Au passage, il était imbibé de ricard, et chaque parole émise embaumait l'air d'anis. Bref, ce monsieur a envie de converser et me dit qu'il fait les courses pour ses copains toujours malades et que lui qui a la CMU (Couverture Maladie universelle) n'est jamais malade et que ça l'ennuie de COTISER autant pour pas en profiter. Si c'est pas se foutre du monde. Je sais même pas s'il avait conscience de sa connerie. Ajoutez à ça un accent bien de chez nous, hein tizote, et t'as la totale. Du grand bonheur !!!

Bref, revenons au sujet de l'article:

L'assurance maladie a lancé début juillet, un dispositif permettant aux praticiens d'accéder à l'historique des remboursements des patients sur douze mois (consultations, examens, médicaments, et même arrêts de travail...). Pour cela, il suffit aux médecins de se connecter au site Web Médecin mis en place par la Cnam. Le dispositif a été approuvé par la Commission nationale de l'informatique et des libertés le 10 juillet dernier, après avoir été expérimenté en 2006. Seules les informations relatives aux remboursements y figurent mais le système ne révèle ni les résultats des examens, ni les comptes rendus de consultations, ces données étant réservées au Dossier médical personnel. Ce qui est normal.

Comme d'habitude, le Conseil national de l'Ordre des médecins réserve un accueil mitigé à ce nouvel outil, considérant que les professionnels devront surveiller les dépenses de santé de leurs patients. Ils peuvent tout de même faire un effort, puisque le système médical français est médicocentrique (le médecin étant le "solis solis solis" des temps modernes). Si cela peut permettre d'éviter à certains patients de faire 3 toubibs pour du xanax ou autres anxiolytiques, je pense que ça peut valoir le coup, aussi bien pour eux, que pour la fameuse solidarité que la France prône, et qui, me semble-t-il, fonctionne à sens unique.

Concernant la confidentialité, on peut comprendre qu'un patient consultant chez un ophtalmo n'ait pas envie que ce dernier soit informé qu'il prend une trithérapie ou un traitement psychotrope. Mais s'il ne s'agit pas de ficher officiellement les patients, cela permettra aux médecins d'éviter des interactions médicamenteuses, et aux médecins remplaçants de pouvoir se faire un avis sur l'historique de leur patientèle. De toute manière, le patient pourra toujours refuser l'accès à l'historique de ses dépenses de santé et cette décision n'influera en rien sur les remboursements.

Petit message du docteur André Deseur qui signale que: « Quand on suspecte un effet latéral produit par un médicament, on pose la question directement au patient. (Quand on sait que le patient ment en permanence..) Et le pharmacien, il sert à quoi ? je vous le demande. On passe nos journées à relever des aberrations d'ordonnance, on constate de plus en plus que les gens arrivent avec leurs ordonnances chez le toubib, et redemandent leur traitement sans autres consultations (heureusement, certains toubibs ont une conscience professionnelle); et si jamais un problème se présente, le pharmacien est le seul responsable. Toutefois le pharmacien a la possibilité de refuser la délivrance d'une ordonnance, si celle ci présente certains problèmes d'ordre "multidélivrances, interactions dangereuses.......". Heureusement avec la plupart des médecins nous pouvons créer un vrai dialogue, mais avec les autres..... gros problème. Bref, nous ne sommes pas sorti de l'auberge et il y a encore beaucoup de travail.

Maintenant, juste une question. Ces infos étant accessibles via le web. Quel système de sécurité appliqué. Je me demande à combien peut se vendre les données de santé d'un individu pour du chantage ou autres conneries du genre. Vous allez  me dire que c'est de la fiction, mais ça peut intéresser certains systèmes. Un pote toubib peut cacher votre état de santé auprès d'une banque, ou d 'une assurance. Si ces systèmes ont accès aux données grâce aux hackers, je sens que les avocats auront encore de beaux jours devant eux.

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