Ben ça faisait un bail que j'étais pas venu écrire sur le blog... manque d'activités? paresse de la plume? rupture mondiale de fabrication d'encre...? que nenni... une vie bien remplie, mais malheureusement.... plus le temps d'écrire. Le temps qui nous manque, des journées full... A quand la journée des 35h...? là on aurait de quoi faire, et du temps pour les potes.

A propos de potes, certains ont pris la mer pour courir après Chronos, prendre des embruns plein la gueule, regarder le cycle solaire en surfant sur les vagues, et d'autres, non moins téméraires mais surtout nantis, préférant le transat - pinacolada sur la terrasse ou dans le salon aux bolinos, assis dans un carré minuscule à se faire saucer la gueule, poursuivent ce même rêve sur "Virtual Regatta" en se disant que quitte à gagner "The Vendée Globe" autant le faire pépère....

Depuis 3 semaines, 30 skippers se sont élancés autour de notre cucurbite, pour le seul plaisir d'en découdre. On est loin des salaires de F1 ou du football, et pourtant, on part risquer sa peau pour quelques glorieuses minutes, offrant un record et juste le plaisir de se dire: je l'ai fait !!!

Au départ de cette magnifique course en solo, on quitte la terre pour filer vers le colérique golfe de Gascogne. Les vents violents de plus 35 noeuds, une nav' au près pour des monocoques taillés pour la glisse du grand sud... c'est comme demander au président de l'APOC de remonter la petite ruelle de chez Gaud après l'assemblée générale.... Bien sûr, il y a le talonnage avec un navire marchand (je vais demander au beau père de s'écarter avec son gazier de 300m), le mât qui pare en vrille, le safran qui croise un léviathan... et tout ça vous ramène au bercail par la même voie, avec dans la tête l'envie de repartir malgré le retard pris sur la flotte.

Et puis, il y a le cap finisterre, où le vent bascule du SW au NW, ça vous casse la ride océane, ça vous met les voiles à contre, ça stoppe net le voilier si on est resté trop longtemps couché... et puis l'océan s'apaise et obéit aux lois des fluides et c'est déjà plus gai. On est sorti de l'enfer et on file tout droit longer la côte ibérique... et les ibères sont rudes en ce début novembre (elle est facile mais je l'aime bien); ça vous pousse à vous mettre sous le vent de la flotte pour passer les Canaries en ligne droite, grâce aux alizés. A cet instant, les 1ers commencent à s'imposer, on prend quelques avantages sur le reste de la flotte et c'est tant mieux car quitte à s'en prendre plein la gueule, autant souffrir le moins.

Après la douche dans le Gascogne, longer les côtes africaines est un régal. On en profite pour jouer les "cosettes" en faisant sa lessive, nettoyer le boat, assécher au max car il a fait très humide depuis le départ. La garde robe de notre unique compagnon a changé pour un spi coloré, qui ne demande qu'à gonfler pour brûler les milles. Ajouter la dessus un peu de zic style "Play that funky music" (cf playlist) et on pourrait se croire à la garden party... surtout qu'on navigue presqu'à vue. Et puis, faut quand même bosser un peu même si le soleil appelle au farniente, y'a quand même cette putain de course à gagner... alors on prend sa carte marine, on écoute Evelyne Dhéliat et ses prévisions à 5 jours et là dilemne: y'a l'option à choisir !!! Est ou Ouest. On peut éviter une séance chez le psy en prenant l'orthodromie, mais bon, c'est pas une promenade de printemps. Alors... Toujours pareil: le cap ou la vitesse, le compromis du classement, la bonne fortune, la dépression pile poils au RDV... faut choisir. Le genre de casse tête dont on se passerait bien.. on tient compte des statistiques en espérant qu'elles nous seront favorables, mais je verserai ma bière au passage de l'équateur en priant Eole et Neptune d'être cléments et plutôt jouasses avec moi.

Enfin, cette foutue zone de convergence intertropicale... le Pot au noir quoi.... C'est le truc le plus inutile que j'ai vu de toute mon existence, il se balade d'Est en Ouest, grossit ou rapetisse, couvre l'atlantique sur sa largeur ou préfère me contrarier en se positionnant sur la façade africaine ou américaine.. bref, ça fait chier ce truc. Alors, on se dépêche de le passer !!! car je vais pas tourner autour du pot .. Je veux retrouver mes alizés, je suis pas là pour faire de la chaise longue, alors hop, je passe l'équateur !!! Et une binouze pour nos divinités marines !!!

Ca file un max devant, et le convoi suit, l'anticyclone de Ste Hélène va venir régler le tempo, et puis ce sera les 40èmes. Ca va glisser comme sur les fesses d'une pucelle, et faudra pas s'endormir........

Voilà où nous en sommes mes potes et moi. Les vraies stars sont à des lieues de nous, au taquet, les gencives saignantes et l'écume au lèvres, les yeux rougis par le sel... pour nous, les virtual skippers, l'écume s'essuie d'un coup de manche, le froid se combat au coin de la cheminée, on ne risque pas de chavirer si ce n'est de notre plumard... mais on se sera pris pour un Peyron, un Desjoyau ou un LeCam, voire un Fredo le temps d'un voyage virtuel, on se tient la bourre avec les potes et les milles gagnés sont autant de petites victoires pour les grands enfants que nous sommes.

Promis, je reviens sur les ondes !!!

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