Photos prises par Samantha Davies

Anglais(es), américains, suisses, espagnols, se sont lancés autour du monde dans une course folle accompagnant un plateau relevé de français au CV long comme un jour sans vent... mais il semblerait que le Vendée Globe s'offre plus facilement aux glisses françaises qu'étrangères. Depuis sa création en 1989, qui a vu la victoire de Titouan Lamazou devant 12 autres marins, le vendée globe, au travers de ses éditions a toujours eu un vainqueur français et vu le nombre de ses participants augmentés. Il semblerait que le scénario 2008/2009 offre une fois encore la victoire à un français puisque ceux ci occupent les 8 premières places. En 2000/2001, Ellen avait tutoyé dangereusement Michel Desjoyeau pour finir à une magnifique 2nde place dans cette course d'endurance et cette année, c'est Mike Golding sur Ecover qui menait la course jusqu'à son abandon pour démâtage. En mer, il n'y a qu'une fois la ligne d'arrivée franchie que l'on peut être assuré de la victoire. En attendant, sur les 30 partants, ils ne sont plus que 18 à rouler sur les vagues et les 1ers, déjà dans le pacifique continuent d'imprimer un train d'enfer. On ne cherche plus à économiser sa machine, on fonce pour la gagne et c'est tout ce qui compte. Si je reparlerai des 18 hommes et femmes encore en course, saluons brièvement les 12 malheureux et néanmoins talentueux marins qui ont été forcés à l'abandon.

Le 11/11 verra 3 navigateurs contraints à l'abandon: Marc Thiercelin, Kito de Pavant et Yannick Bestaven.
- Kito après s'être offert une figure de style où il voit Groupe Bel pencher de 90°, climb a wave puis glisse dans un creux. Au bruit de la tourmente succède un silence de mort: Le mât est en miette.
- Yannick, pris au piège dans un front où les vents soufflent à plus de 50 noeuds, voit Aquarelle.com démâter. Vu l'ampleur des dégâts, il annonce officiellement son abandon.
- Marc, sur DCNS démâte à 7.30 du matin heure française et annonce qu'il ne pourra pas repartir vu l'état du bateau.

Le 13/11, soit 4 jours après le départ, Alex Thomson jette l'éponge. Son voilier Hugo Boss est entré en collision avec un chalutier et les dommages sont trop importants pour remettre le voilier en état d'affronter les mers du Sud.

Le 26/11, Jérémie Beyou voit le gréement de Delta Dore souffrir avec les barres de flèches cassées. Après avoir mis le cap vers le Brésil pour réparer, se retrouve dans l'incapacité de restaurer seul son gréement; il déplombe son moteur et s'amarre dans le port de Récife (Brésil). Les barres de flèches ont causé 5 avaries au gréement et la mer a fait son travail de sape.

Le 07/12, l'espagnol Unai Basurko sur Pakea Bizkaia, rencontre un problème de safran. Il décide de prendre au nord pour trouver des vents plus favorables à une réparation de fortune, mais après 3 jours d'une veine tentative (il faudrait mettre le bateau à sec pour réparer la boite de safran sortie de sa position) est contraint à l'abandon. Il se trouvait alors dans la zone de sainte hélène. C'est le 6ème abandon.

Le 13/12, en moins de 24h, ce sont les hélvètes qui voient le Vendée Globe s'arrêter net. Dominique Wavre voit la tête de quille de Temenos II se casser et Bernard Stamm ne parvient pas à réparer les articulations de ses safrans endommagés. Le peuple suisse, détenteur de l'America's Cup, voit 2 de ses grands marins abandonner la partie.

Le 15/12, alors qu'il se trouve en 3ème position après avoir longuement mené la course, c'est notre Peyron qui démâte dans le grand Sud. Alors qu'il comptait offrir à son Gitana Eighty, avec lequel il a tout gagné, une victoire dans le Vendée Globe, Loïck est contraint à l'abandon, mais pas sans nous avoir offert quelques belles images.

Le 16/12, Mike Golding sur Ecover et  JB Dejeanty sur Maisonneuve stoppent net leur course. L'anglais, menant cette magnifique aventure humaine dans des vents de plus de 55 noeuds démâte à 6.47 du matin (heure française). Mais si l'anglais tenait bon dans la tempête jusqu'au démâtage, JB Dejeanty a été contraint à l'abandon par une succession de mauvaises fortunes: Dysfonctionnement ou pannes de ses pilotes, usure prématurée de ses drisses... courrir avec un minimum de sécurité dans les mers du Sud tiendrait plus de la folie que de l'enthousiasme. Il faut du caractère pour abandonner la course; même si l'homme tient bon, il doit tenir compte de sa sécurité et de l'état du bateau.

Le 18/12, enfin, c'est Yann Elies sur Generali qui doit abandonner suite à une fracture du fémur. Dans l'incapacité d'atteindre sa trousse de secours afin de s'administrer des anti douleurs, il appelle le pc course. La marine australienne envoie sur place la frégate HMAS Arunta qui ne pourra être sur les lieux que 48h plus tard. Marc Guillemot se déroute pour apporter un soutien psychologique à son partenaire de course et ce samedi, Yann est enfin évacué sur la frégate et aux petits soins entre les mains des toubibs. Pour Marc, la joie de voir Yann sauvé, c'est la course qui reprend ses droits.

Il s'agissait du 12ème et dernier abandon. Le Vendée traine son lot d'avaries et montre qu'il est une course de caractère. Ils sont encore 18 en piste, les 1ers sont dans le pacifique et se tiennent dans un mouchoir de poche avec en tête Michel Desjoyeau, suivi de Roland Jourdain, Sébastien Josse et Jean le Cam et les autres toujours à en découdre dans l'indien. La pression monte et personne ne lâche la vapeur.

Dans d'autres circonstances, plus propre au plaisir, ce sont les virtual régatiers qui s'amusent. Beaucoup de modifications dans le classement. Mimo est passé en tête du groupe des 4 avec une option Sud et moi je me retrouve bon dernier de ce quatuor après 48h sans accès aux web. FEC est passé devant le fiston. Et devant, ca se bat toujours sévère. Mais ceci est une autre histoire que je vous compterai cette semaine. En attendant, restons sur le pont, l'oeil au format 15, 17, voire 19 pouces pour les mieux lottis et comme dirait Bob, on lâche pas le morceau !!

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