Nous voici au 49ème jour de course; sur l'eau, Yann Elies a pu être récupéré par la frégate australienne, tandis que les autres courbent le dos sous des vents de plus de 40 noeuds, des vagues de 10 mètres de haut, essayant de cheminer dans cet enfer bleu et blanc. L'humidité s'est définitivement installée à bord, et le vent cinglant sur le visage ne vous permet de barrer que quelques heures par jour. La table à carte est plus confortable et tout le monde est logé à la même enseigne... Quant à nous, nous nous rions du froid et c'est tranquillement installé dans un fauteuil, au coin du feu, un verre de sky ou de rhum à proximité que nous poursuivons avec sérieux notre course au large....


49 jours qu'on pourrait se peler à proximité de la banquise, à courser les albatros, à chanter de concert avec les baleines pour nous réchauffer, mais c'est des images plein la tête, nous menant au delà de nos rêves, que nous surveillons la progression de nos fiers voiliers. Une aventure par procuration en somme, mais qui se révèle être une véritable aventure fraternelle à la lecture des messages échangés lors des vacations de pc à pc. Je vous avais laissé avec mes 9000 places perdues et mes nombreux milles de retard, voici le point en ce beau dimanche où Helios s'est invité.

Par 151°W et 46°S, notre Sam pointe toujours en tête de notre petite flotte. Malgré quelques places perdues, il reste toujours superbement bien placé et mène sa course de main de maitre. J'ai appris qu'il disposait du pilote automatique et j'aimerai savoir quand même jusqu'à quel point ceci peut s'avérer efficace quand on voit les prévisions météo si peu fiables. Je pense que c'est un outil valable entre 2 changements de carte météo, mais pour le reste, si une absence de plus de 12h doit se justifier.... peut être que Sam pourra nous apporter quelques lumières sur ce choix.

Toujours en 2eme position, et avec la légèreté d'un cabri sautant de roche en roche, franchissant les portes avec finesse et panache, menant son destrier avec fougue, ne dormant que d'un oeil comme les cétacés, Erwan se rapproche de la 1ère place. Plus au Nord que Sam, il pointe à 113 milles de celui ci.

A moins de 600 milles de la Cruche, Cray ne s'en laisse pas compter et a repris du poils de la bête. Son option nord semble payer et lui qui ne comptait plus que 100 milles d'avance sur Guillaume et son Shenandoah, lui a remis 300 milles dans la vue. Cray s'apprête donc à passer dans les prochaines heures la porte 5. Il semblerait que mon appel lancé à Béa ait porté ses fruits et qu'elle déleste notre Pascal de la garde des enfants... Enfin, Béa, n'en fait pas trop non plus, on a quand même envie de remonter sur lui et de lui voler sa splendide 3eme place...

Derrière Cray, sur la même longitude mais séparés de 6° en latitude, Guillaume et Philippe s'affrontent dans des options extrêmes et des conditions climatiques qui le sont tout autant. Même si Philippe, en se rapprochant du pôle parcourt moins de distance, il ne touche que des vents faibles flirtant avec les 12 noeuds, tandis que Guillaume se situe dans une zone de vent voisine des 22 noeuds avec probabilité (et je dis probabilité et non certitude) de voir des vents forcir dans les prochaines 12h. Belle option donc pour Shenandoah qui est ravi de faire enfin de la gîte grâce à son cap et non pas à cause d'un OFNI !!! Quant à Philippe, dit le fossoyeur, une longue remontée l'attend pour gagner la porte 5 et il doit espérer des vents favorables, sinon il va rencontrer certaines difficultés... c'est tout bénéf pour nous.... je suis horrible et j'aime ça..

Mimile 22, le président de l'APOC qui s'est pourvu d'un pseudo aussi sordide que la galette déposée devant chez Gaud, poursuit sa route sous l'orthodromie et croise au large, et même très très large de la Nouvelle Zélande. Il est seul et isolé au milieu de ce pacifique. Toujours au taquet sur les ondes, il casse le moral des autres joueurs, et les plus faibles abandonnent lâchement la course. C'est une guerre des nerfs que le président mène... mais il ne peut rien contre nous.... La course n'est pas finie.... A l'assaut, à l'assaut !!

Voici qu'arrive enfin notre groupe de 6. Des changements ont encore eu lieu dans ce groupe de choc qui ne veut rien lâcher... une course dans la course, où chacun tente une option et fini par recroiser l'autre.... de l'eau, de l'eau !! je lofe !!! j'abats !! dégage !! bref, ca chauffe. Toujours en tête, mais avec une avance qui fond comme neige au soleil malgré les relais de sa chérie, notre Kirikou alias Eric a tout de même su profiter, ces dernières heures, de vents plus que favorables grâce à une chouette option. Le suit de près Mimo qui est en train de prendre une option très nord, voulant voir à quoi ressemble les vents à proximité de la Nouvelle Zélande et surtout voulant voir les jolies néozélandaises dont Férreol lui a vanté les charmes... On risque peut être de le voir s'échouer pour rouler un mifle en compagnie de ces naïades. Non loin de ce duo, Papi FEC, Ferréol, Cricri et moi.... on n'arrête pas de se croiser et on a toutes les peines du monde à se démarquer... Histoire de comparer par rapport au commentaire posté sur l'article "autour du monde", voici les nouvelles positions:

Cricri est derrière nous à: - 54 milles de Ferréol et Pierrix
                                    - 62 milles de FEC.

Personne ne lâche le morceau et même FEC reste dans la bagarre malgré son système d'alimentation en électricité qui vient de lui être retiré. En effet, bien lui en a pris de passer sous panneau solaire depuis que la chambre de commerce de Boulogne sur mer, en la personne de Caroline Baillieu, lui a retiré le cordon électrique qui le reliait au port depuis 13102 milles. Pour cette demoiselle aux compétences douteuses, il serait bon de rappeler que naviguer à la voile ne signifie pas courir au sextant, que les feux de position ne sont pas des bougies, et qu'un bateau, c'est une éponge à humidité et que chauffer son voilier n'est pas superflu, garder ses batteries chargées non plus..... Si la chambre de commerce veut faire des économies, elle n'a qu'à gérer un bled dans le désert saharien. Non mais, de qui se moque t on !!!

Après ce coup de gueule qui m'a détendu, je continue avec le classement. Pierre Yves, qui s'est absenté jusqu'au 07/01, poursuit sa route dans le 100, filant à 14 noeuds et demeurant à 900 milles de notre groupe. Depuis, une semaine, il n'a donc perdu que 100 milles.... comme quoi, tout peut arriver sur de telles courses au large.

Enfin, la déesse des flots est passée au Sud des kerguelen et file tout droit vers le cap Leeuwin. Beaucoup plus attentive à sa course, elle remonte au classement et ne s'en laisse pas dire. Elle est peut être derrière nous dans cette folle équipée, mais elle est tout de même dans le 1er 1/3 de la flotte totale. Bravo !!! Continue pour passer dans le 1er 1/4 !!!

A tous, bon courage pour la suite, soyez vigilants, garder votre bonne humeur. Je vous aime quand vous naviguez beau sur l'eau. Leeuwin est franchi ou se franchira sous peu et le mythique Cap Horn nous attend à la sortie du Pacifique. Prochaine vacation dans 4 jours, après passage de la porte 5.... Je sens que des bouleversements vont encore avoir lieu...
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