Où est le temps où se dressaient devant moi 20000 milles nautiques à parcourir, où océans Indien et Pacifique étaient un objectif à long terme, où la remontée de l'Atlantique n'éveillait rien en moi.... Tout cela est loin derrière. Parfois, je me dis que ce serait chouette d'être sur l'eau, à braver ces portées océanes, à me les geler dans un petit carré, à bricoler mon compagnon de route, à ioder ma thyroïde, à discuter options avec les copains... je serai dans la course, tout le temps, mes pensées ne vagabonderaient pas vers d'autres mondes. Je serai dans mon univers, au royaume des albatros, mon seul boulot serait de barrer, de veiller à la santé de mon partenaire et ma pensée tournée vers la gagne. Ici, je suis pris par le boulot, je ne peux veiller au grain et ça me fait chier. Et j'imagine que bon nombre d'entre vous sont comme moi. Ici, c'est un rythme terrestre qui nous guide et même si nous prenons plaisir à naviguer en virtuel, que ne donnerions nous pas pour pouvoir mieux gérer ce jeu et tous jouer à armes égales.

62ème jour de course. Sur l'eau, Mich' Desj' a passé la frontière et remonte l'Atlantique. Son compagnon de jeu Roland Jourdain aurait aimé cravacher derrière son vieux pote mais un cétacé en a décidé autrement. Certains approchent du Horn, on se déroute pour veiller aux copains et les sauver d'une mort certaine, et même si on vient seulement d'entrer dans l'océan indien et qu'on se prend des lames dans la cafetière, on continue de s'accrocher.

Pour nous, pas de casses, le cétacé qui nous ralenti c'est notre job qui ne nous permet pas de veiller à la bonne marche du bateau, le chavirage ce sont nos vacances qui nous éloignent d'une connection internet, on se chambre quand même à nos petites vacations, mais le manque de "live" nous rappelle que la fiction ne vaudra jamais la réalité.

Les positions ont peu changé depuis la dernière fois. Beaucoup de places perdues ou gagnées, des écarts trop grands en latitude bouleversent le classement trop régulièrement. Je pourrai toujours m'amuser à narrer des exploits, il y en a tous les jours... mais pour une fois j'attendrai qu'on passe tous la dernière porte. A ce moment, les derniers seront ensemble, le peloton sera au Horn et les premiers sans doute au large du brésil !! Il sera plus aisé de raconter nos aventures, de tenir le classement, de rire de nos bourdes...

En attendant, j'ai envie de me faire, en tant que vice président à la santé et au régime crétois de l'APOC ( Association des Plaisanciers Ouvreurs de Coques), son porte parole car un évènement marquant est venu réjouir notre asso.

 

En 2008, si on salua le boulonnais Eric Baillet en lui remettant le talon d'or, 2009 démarre déjà sur les chapeaux de roue. Vous allez me demander comment peut on "poquer" en cette période de l'année où les voiliers hibernent... Hé bien, notre ami Etienne Durand à relever le défi sur son "heil torpen" en rencontrant magistralement le plus gros iceberg, à savoir l'Antarctique lui même. Vous pouvez retrouver l'image de son accrochage ici . En tout cas, bravo !! nous sommes abasourdis par tant d'enthousiasme et de volonté à vouloir s'inscrire si dignement et magnifiquement dans l'esprit de l'APOC. Et même si je ne crois pas à la 1ère place pour le talon d'or 2009, au moins une mention plus que spéciale devrait lui être décernée. D'ici là, je ne doute pas que d'autres prendront la relève pour encore plus de coquasseries et repousser ainsi nos limites. Pour ceux qui ne connaissent pas l'APOC, un petit clic dans la partie "liens" du blog vous apportera la connaissance suffisante...

 

J'ai hâte de vous revoir de l'autre côté du Horn pour une mise au point sur le classement, les chances de chacun et n'oubliez pas... open bar pour le vainqueur de notre flotte.


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