C'est fait, la Louis Vuitton Cup (LVC) a livré son vainqueur en l'équipage du "Emirates Team New Zealand". Les kiwis ont brillé durant toutes ces régates et sortent définitivement vainqueurs après avoir écarté leurs 12 concurrents, s'offrant ainsi une place vers la conquête du Graal: la Coupe de l'América.

Si les demi-finales de la LVC ont révélé différentes manières de naviguer, ce sont toujours les voiliers les plus rapides qui ont gagné cette coupe mythique. Ainsi, on a pu voir  Luna Rossa (Défi Italien) et BMW ORACLE Racing ( Défi Américain) présenter deux équipes qui n’hésitaient pas à prendre des risques. Peu de marquages directs mais énormément de choix tactiques pour privilégier les avantages au vent.
 Dans un style opposé, les matchs opposant le Desafío Español (défi Espagnol) et  Emirates Team New Zealand (Nouvelle Zélande) a été l’occasion d’égrener tout le répertoire du match racing, sur un ton plutôt agressif.
 
Que peut-on attendre de l’America’s Cup Match ?
 
Simon Daubney, le régleur d’Alinghi, donne son avis sur la question : “ De toutes les manières de naviguer que j’ai pu observer, je dirais que notre style est le plus proche de celui d’Emirates Team New Zealand. BMW ORACLE Racing et Luna Rossa semblaient ne pas être satisfaits lorsqu'ils n'avaient pas 5 ou 6 longueurs d'avance. Alors qu'Emirates Team New Zealand peut sans problème défendre un avantage d’une longueur voire moins. C’est comme ça que se sont passées la plupart de leurs régates internes et c’est comme ça que se passent les nôtres : avec très peu d’écart entre les bateaux. ”
 
Dans leur série contre les Italiens, Terry Hutchinson, le tacticien américain d’Emirates Team New Zealand commentait : « Notre but était de ne pas leur laisser un seul centimètre et je crois que nous y sommes parvenus. Nous avons toujours essayé de rester entre eux et la marque. Parfois, cela nous a coûté en distance mais nous ne nous sommes éloignés d’eux seulement lorsque nous étions absolument certains que cela nous rapporterait ensuite. Nous pratiquons la régate au contact pour minimiser les risques. Parfois, à bord, on peut avoir le sentiment inverse, mais je pense que cette stratégie est efficace.”
 
Un des atouts du Defender est d’avoir pu observer Emirates Team New Zealand sur le plan d'eau de Valence pendant la Louis Vuitton Cup. Après le décryptage de tous ces matches, Alinghi est donc préparé pour cette finale.
Les entraînements ayant eu lieu à l’abri des caméras pour les Suisses, les kiwis ont tout de même pu suivre ces régates internes, afin de les analyser.

Que peut il se passer la semaine prochaine:
 
Tactiquement, Alinghi est une très bonne équipe. Brad Butterworth a quand même gagné les trois dernières America's Cup en tant que tacticien pour Team New Zealand en 1995 et 2000 et pour Alinghi en 2003. Il brigue ici une quatrième victoire, mais cette fois, le barreur ne sera pas Russell Coutts. Il s'agira de Ed Baird ou de Peter Holmberg,  2 grands spécialistes du match race,  mais qui n'ont pas partagé des années d'expérience avec Butterworth, comme c'était le cas de Coutts. A bord d'Emirates Team New Zealand, Dean Barker et Terry Hutchinson ont peut-être des rapports plus solides et une expérience commune plus importante.
 
La synergie entre le barreur et son tacticien pourrait donc être un des éléments décisifs de cette 32e America's Cup.

A J-2, souhaitons bonne chance et bon vent aux équipages et que le meilleur gagne.

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