On emprunte la petite ruelle descendant vers le port, et on découvre, jouxtant une herboristerie, une façade de pierre, dont le  frontispice invite joyeusement le pélerin égaré. Je retrouve avec plaisir Alain, à la tête de son échoppe qui ne désemplit jamais de bons vivants. Amateur de café, passez votre chemin, "Chez Gaud" est une distillerie, pas un torréfacteur. Je découvre sur les murs les vieilles croûtes que m'avait décrit le président, et me promets d'aller retourner ces peintures avant mon départ. Ce bar est confiné, mais quelles histoires transpirent de ses murs; Si ceux ci pouvaient parler, ils nous raconteraient les embruns, les coups de mer et les coups de vent, les quarts et les malheurs, et les rires et les femmes....

Etant arrivé avec la 1ère bordée, ayant déjà levé quelques coudées, je vois enfin débarquer les convives que j'avais laissé. Le bar s'emplit, l'ambiance est chaude, tellement chaude que certains tombent, non pas que la veste, et passent derrière le bar. La joie de se revoir est manifeste, Glaucome arrive enfin, frais comme un gardon, Aymerick nous a rejoint, déjà plus rôti. Nos ports de tête sont ils convenables? Qu'importe, le traditionnel porté de verres sur la tête peut commencer. Que de bretons statiques..., seul le boulonnais s'en sort en dansant et sans verser une goutte. Devant ce pas de danse, Alain me fait passer dans l'arrière boutique, afin de poursuivre mon intronisation et me sort un affreux tutu rose qu'il m'invite à porter pour la prochaine 1/2 heure. Vous me connaissez, j'ai beaucoup hésité avant de me transformer en danseur étoile. Quelques pas chassés, arabesques ou pas de bourrée (pas en trois temps qui consiste en un changement de pied simple.), et me voilà le nouveau Patrick Dupond (enfin, j'en suis la version hétéro). La bonne humeur est grandissante, quelques instants après, le président ne voyant plus les regards sur lui, passe dans la rue et se met à déclarer " je hais laurent, (bis), je hais l'orangina" et sur "orangina",  se vide la bouteille sur la tête. Le crescendo est lancé, plus rien n'arrêtera les convives, à l'exception d'un trop plein éthylique qui plongera certains membres dans un court sommeil réparateur, mais Ô combien nécessaire pour ces organismes épuisés (n'est ce pas Gildas). Bien évidemment, les demoiselles présentes ont droit aux honneurs de rocks endiablés et de nos armes séductrices, que certains époux nous demandent souvent de masquer au risque d'être considéré par l'ONU comme des armes de destruction de couples massives. Tous les ingrédients sont réunis pour que la nuit batte son plein. Les chants de marins sont entonnés et  je pleure juste l'absence du breut', que j'aurai vraiment aimé entendre lancer ces chants qui nous réjouissent. Il est 2.30 du matin, les paimpolais ont déjà fui en masse ce lieu magique, ne restent que Gildas et Pascal; les croûtes ont été retournées, au grand dam d'Alain. Tout ce qui a été payé a été bu et tout ce qui a été bu a été payé. La nuit est fraîche, les esprits éthérés, il faut rentrer, mais nous sommes à pieds. Virginie, dans un élan de bonté nous donne les clés de son audi, permettant aux 3 boulonnais et aux 2 beaux frères de regagner leurs pénates. Je ne me souviens plus du trajet, juste avoir satisfait au dépôt de gerbes du 14/07. Nous sommes chez Cray, le lit est devant moi et je m'y plonge... (ah si, je me suis lavé les dents avant de dormir.....; fêtard, mais propre.)

Suite et fin demain...
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