2011 - Une belle douce folieLe comité envoie l'aperçu. Il va falloir être prêt pour attaquer cette 2ème manche, car nous avons une équipière en moins, et surtout il est hors de question de se retrouver dans la 2nde moitié du classement et s'il sera difficile de faire pire que cette 1ère manche, nous ne sommes pas à l'abri des horreurs narrées dans le chapitre précédent. Mais à ce moment là, je ne savais pas encore le feu sacré qui habitait mon équipage.

 

Quelques changements à bord puisque Natacha est partie se ressourcer à terre. JG devant être à 100% sur la barre et un oeil sur les hommes/femmes du bord, c'est Marie Laëtitia qui sera aux bastaques. Durant les 5min qui nous séparent du départ, JG la briefe tandis que je m'occupe de mes 2 amoureux émerveillés devant ce paysage nautique et ce soleil omniprésent sur le littoral morin.

 

Le vent étant resté constant, le comité juge inutile de modifier le parcours. On prend les mêmes et on recommence.

 

Top départ ! On est bien placé, juste dans la jupe de Fletcher Lynd. Dans cette 2nde manche, la flotte va se diviser. Une partie filera à terre (dont nous faisons partie, avec Fredo et Eric), l'autre (Cricri, Patoche, Henry) tirera au large car le courant, bien que contraire pour la remontée vers la dogleg, a perdu en puissance. Loin des côtes méditerranéennes, nous vivons au dessus d'un plancher océanique qui nous offre le courant alternatif. J'entends déjà les belges me dirent que c'est grâce à ça que nous sommes des lumières... no comment.

 

L'option à terre s'est révélée payante et nous progressons de concert avec la tête de la flotte. Il s'agit maintenant de virer... AÏE, AÏE, AÏE... mais nos appréhensions sont injustifiées, puisque JG criant "paré à virer", mes 3 lascars hurlent d'une même voix "PARE"... SPLENDIDE !!!!! et ça suit à la manoeuvre !! Quel maGnifique virement !! JG et moi en avons les larmes aux yeux...

 

On remonte pépère et ça marche. Mais toujours ce point de tire qui flanche, alors nous privilégions la vitesse au cap et même si Fletcher navigue plus près que nous, nous ne comprenons pas pourquoi il est encore derrière car son équipage de l'ESMA a pourtant l'expérience du plan d'eau boulonnais. (explication dans le paragraphe suivant).

 

Alors qu'il fallait tirer à terre pour ce bord, de l'autre côté du plan d'eau, notre cher rouquin Cricri et son fidèle Douce Folie 2 passent la bouée en tête. Comment cela se fait ce? Depuis qu'il a quitté Lille et obtenu sa carte de séjour boulonnaise, les longues nav' en solo, double ou en équipage ont permis à notre président de connaitre l'emplacement de chaque banc de sable depuis la Baie de Vigo en Espagne jusqu'à Breskens en Hollande, ce qui lui a permis de minimiser les effets du courant au large en surfant sur les hauts fonds qu'offre la St John Bay. Quel vieux briscard !! et tandis qu'il file pleine balle pour achever son bord de dogleg et filer sous spi, ça se bouscule un peu en fin de bord de près. Sur Calcanéum,  nous parvenons à tirer profit d'une erreur d'un open 5.70 pour le passer babord amure. Au portant, mais toujours sous ciseau, Vincent s'empresse de goûter aux joies du farniente et s'affale avec grâce sur le roof serrant sa douce Estelle contre lui. Du moment que Calcanéum est stabilisé, ca marche. Et puis devant cette joie et ce bronzage naissant, comment ne pas être attendri. Sur ce bord, Fredo nous rejoint sous spi et nous avons le temps d'échanger quelques mots. Il s'étonne de ne plus voir Natacha et après quelques explications, il sourit et nous balance qu'il a 4 niveaux 0 à bord (sous entendre, qu'il a 4 équipiers à la câle en train de vomir tripes et boyaux...) et dire que la veille, mes équipiers me prenaient pour un sadique avec mon histoire de dormir sur des planches de bois... Mais pour Fredo, c'est l'ancienne école: "t'as voulu naviguer... t'assume"; Heureusement pour mes valeureux compagnons, nos 2 équipages n'évoluent pas dans le même contexte.

 

La bouée se rapproche et nous allons entamer le 2ème passage. Calcanéum est plutôt bien placé et nous avons une grosse partie de la flotte derrière nous. Sur les Open 5.70, ça marche plutôt pas mal et les entraîneurs (Alexis, Clément) de ces jeunes équipages suivent leurs progénitures sur les zodiaques. Mais sur Cabic...

 

2011 - The sea team (1)

 

A bord de cet Open 5.70, on retrouve avec joie Nico, Mathilde, Jab et Chloé. Ca gueule comme sur tous voiliers à chaque manoeuvre et, toujours pareil quand vous emmenez des nanas à bord, ça cause boutique, ça discute charme... et puis plus rien. Le temps de se retourner, Nico, Jab et Chloé, voient après un virement de bord un OFNI (Objet Flottant Non Identifié). C'est Mathilde qui a été entrainée par la baume du mât et qui tombée à l'eau a pu se retenir à un boute... c'est ce qu'elle raconte. Je l'imagine plutôt en train de s'essayer au barefoot.. ahahah . Bref, plutôt que d'être ralenti par ce poids mort, nos jeunes hommes décident de l'attraper et de la remonter à bord... plus de peur que de mal. Et c'est reparti sur Cabic qui va enchaîner les bords de largue.

 

Rien de neuf au cours de ce second passage si ce n'est la découverte de l'équilibre pour Marie Laetitia qui ne comprend toujours pas comment on peut descendre sous le vent pour préparer ses bastaques quand le bateau gîte à plus de 25°. Mais elle apprendra vite puisque sa technique lui permettra d'être opérationnelle dès le début de la 4ème manche. En attendant elle accumulera les bleus aux genoux. Sur Tee Rack, ambassadeur des anciens universitaires emmené par Daniel, Léa jette l'éponge en voyant son papa à l'agonie. Un zodiaque viendra le prendre en charge et c'est au bar du club qu'il se ressourcera avec une fraîche bière des 2 caps. (à gouter si vous êtes de passage sur le littoral boulonnais... les résidents en ayant déjà fait la boisson locale).

 

On passe enfin la ligne d'arrivée, et quelle joie de savoir que nous faisons 7ème. L'enthousiasme et la combativité à toucher le groupe !!! on va se battre pour s'améliorer sur la manche suivante...

 

@ suivre

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