2011 - GrégalQuelle satisfaction de voir mes coéquipiers enfin au taquet. Adieu "margaritas" servies par des naïades à l'érotisme exacerbé et aux corps dorés par les rayons d'Hélios. L'esprit "régate" a investi les cortex cérébraux d'Estelle, Marie Laetitia (ML) et Vincent. On parle des progrès stupéfiants réalisés sur l'entre 2 manches et JG applaudit cet élan. Mais il ne faut pas s'endormir sur nos lauriers et tandis que nous reprenons quelques forces avec les sucres rapides que nous a glissé Mélanie au milieu de nos victuailles, Ludo, Michel et Marie Christine préparent l'envoi de la 3ème manche.

 

Le vent a légèrement basculé et le parcours a été légèrement modifié.

 

En glissant le long de la ligne, le tacticien hors pair qu'est JG nous souffle une suggestion: Partir à la bouée et passer devant la flotte babord amure. Mais il va falloir être vigilant si nous voulons réussir ( car tout voilier naviguant tribord amure sera prioritaire sur nous et nous devrons donc l'éviter et passer à sa poupe ) et être optimum. Nous sommes dans les 30 sec avant le départ. Toute la flotte est au bateau comité, chacun réclamant: de l'eau ! de l'eau !! ( j'ai presqu'envie de leur hurler que pour avoir de l'eau, il ferait mieux d'aller naviguer dans les eaux japonaises... ok je sors...).

Nous sommes à 10 sec et hop on est trop tôt sur la ligne. Je passe sous le vent pour choquer le génois, mais un peu trop. Top départ !!! et je suis encore à border le génois.. MERDE !! Mais nous avons bien anticipé car malgré notre élan que je trouve encore trop mou en écrivant ces lignes, JG négocie à merveille la bouée et nous passons en tête devant toute la flotte et BABORD AMURE !!! Quel pied !!! La dernière fois qu'on avait fait ce coup de Trafalgar, c'était avec Cricri pendant la Ramsgate week, en 2002, l'année de notre rencontre avec Ellen MacArthur qui n'était pas encore Lady.

 

Toute la flotte est derrière nous tribord amure, mais Fredo en vieux loup de mer a compris très vite que notre option allait payer et histoire de nous avoir en point de mire, il est le 1er à virer derrière nous. Le courant est en train de basculer, et la flotte s'élargit. Toujours nos problèmes de point de tire de génois qui ne nous permettent un meilleur cap... alors le compromis sera la vitesse.

 

Ce qui est chouette avec les parcours bananes, c'est qu'on pense que c'est toujours la même chose et en définitive, il se passe toujours un truc. Même si les voiliers sont toujours à l'assaut de la 1ère bouée à virer (cf photo ci dessous),

 

2011 - A l'assaut

 

ce ne sont jamais les mêmes qui ressortent en tête. Sur la photo suivante, vous pourrez constater que la Maison de l'Etudiant de Boulogne embarquée sur DF2 et l'ESMA sur Fletcher Lynd encadrent 3 splendides Open 5.70, sur lesquels on retrouve le Lycée Mariette, Staps ULCO & CO et Polytech'Lille.

 

2011 - Sous spi

 

Et pourquoi ce ne sont jamais les mêmes. Soyez attentifs, on est sur un bord de portant et seul les open ont déjà envoyé leur spi. Gagner une régate ne signifie pas avoir le meilleur barreur ou le plus long voilier, encore faut il que ça suive à la manoeuvre !!

 

Et sur Calcaneum, ça suit !! Pour l'instant du moins, et pourvu que ça dure jusquà ce soir. Ce voilier fleure la bonne volonté et n'oublions pas que nous avons un barreur d'exception !! Et sur les autres voiliers me direz vous.

 

Jetons un oeil sur ce bord à Grégal (33.7 du CDH d'Antoine Roger), emmené par Eric, Professeur Emerite au Lycée Maritime du Portel, avec à son bord de fameux spécimens tels que Marine, la Russell Coutts féminin du match race, Damien alias Mimosa, le Petrucciani de la plaisance, François, le leader de BlueSail aussi à l'aise à tenir l'espar pour un empannage qu'à manier le couteau pour la préparation des filets et bien sûr quelques students du Lycée, dont je vous narrerai dans un futur proche, une anecdote des plus glorieuse !! Bref, ce frêle équipage ne cesse d'hurler depuis la 2ème manche que les belges ont volé le rating, sous prétexte, qu'on est devant eux sur les bords de portant alors que nous naviguons en ciseau. Je répondrai à mes chers amis, 2 petites choses:

  1. Quand on a la chance d'avoir un gars à bord qui est capable d'envoyer un spi d'une main, que ce soit la gauche ou la droite (attention, prochaine étape: avec les pieds ) mais qu'on laisse la gaffe se prendre dans les écoutes et qu'on s'évertue à essayer de la récupérer, et ce avec succès, je dis: BRAVO !! Mais pendant que vous vous entraînez pour participer au Cirque d'Hiver, vous n'avancez pas !! ahah
  2. Certains découvrent l'habitable par un joli mois de mai, où les fleurs volent au vent et d'autres découvrent le cabinier ( = synonyme d'habitable outre Quiévrain) en plein Octobre, par 35 noeuds de vent, avec des creux qui ressemblent à tout sauf à ceux de ton estomac; et quand 3 vieux de la vieille, tels Jean Baptiste Delpierre, Frédéric Denis et Jean François Demay te disent, voire te gueulent (c'est fou ce que le vent couvre les voix en mer) de monter n°1, de passer le génois en ciseau, de revenir dans le cockpit, de prendre l'écoute du même génois, de le tenir  et de le régler quoi qu'il arrive... Crois moi, ça ne s'oublie pas. Et pour le cas où j'oublierai, ils m'ont refait le coup pour les régates qui ont suivi et comme Dieu est bon avec ses enfants, cette météo pourrie à durer jusqu'à la dernière régate de décembre... Ca s'est passé d'Octobre à Décembre 2000. Alors maintenant, et même si je sais le rôle important du barreur pour tenir au mieux un cap, je sais gérer le ciseau. Prochaine étape le tricot.

Tout ça pour dire que nul ne saurait pirater un rating, ni versé le moindre cents au comité ou au jury.... quoique quelques verres aient été payés au bar du club !! Mais ils m'ont dit préféré les chèques au liquide...

Ceci dit, il suffit de voir les résultats de Bleu Marine pour savoir que cet équipage est plus que brillant et je me demande si nuitamment, quelques mauvaises fortunes ne seraient pas plutôt venues vous glisser sur la quille ou le safran quelques paquets de Fucus vesiculosus ( Famille des Phaeophycées: algue brune des côtes atlantiques à la mer du Nord, à thalle foliacé de 20cm à 1m de long, avec vésicules aérifère, constituant le goémon ou varech. Contient jusque 15% de matières minérales comme l'Iode, le Potassium ou l'Arsenic et 65% d'algine, cette dernière étant un polysaccharide constituant la paroi des algues; utilisé contre le goitre, mais également en biscuiterie et confiserie comme épaississant et stabilisant)

 

Sacrés voyous et comparses que l'équipage de Bleu Marine. D'ailleurs pour ceux qui ne le savent pas, Bleu Marine n'a pu naviguer ce week end car il est en câle sèche pour préparation de la course de l'Edhec !! Bon vent à Eric et à son équipage.

 

Mais toutes ces histoires de mer m'éloignent de mon rôle de narrateur de cette épopée vulcoesque !! Alors revenons sur notre plan d'eau et laissons les voiliers essayer de nous remonter.. car on marche plutôt pas mal sur cette manche et ceci est du à 60% par le choix tactique de JG dès le départ avec ce babord amure (décidemment, je ne m'en lasse pas) et 40% par les capacités de l'équipage à réagir et à mieux appréhender le comportement de notre valeureux Calcanéum.

 

Sur ce bord, nous pouvons voir dans notre proue un magnifique bateau comité (cf photo ci dessous), phare de cette fin de 3ème manche.

 

2011 - comité sur l'eau

 

Lorsque la ligne d'arrivée est franchie, nous saluons avec bonheur notre 5ème place au classement. Décidemment, plus c'est long, plus c'est bon et plus on progresse. Cependant, sur le plan d'eau, le vent fraichit et les corps commencent à fatiguer. En attendant le reste de la flotte, et la décision du jury quant à savoir si une 4ème manche se déroulera, les équipages des rapides open 5.70 s'offrent un frugal "Déjeuner sur l'herbe" l'eau. (cf ci dessous). Un vrai Manet vivant !

 

2011 - Déjeuner sur l'eau

 

L'attente est longue et douloureuse, certains équipages se retournent vers la Cathédrale de Boulogne pour prier la Vierge de mettre fin à leur trépas, mais les voies du Seigneur sont impénétrables et même si nous espérions un retour au port, le comité, plus diabolique que jamais, nous offre l'opportunité de nous battre une dernière fois avant de gouter au repos, à la douche, à une bonne bière, à un buffet consistant, à un débriefing nécessaire....

La 4ème manche sera une explosion d'énergie ou ne sera pas.

 

@ suivre

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