ecoliMe revoici sur les ondes et pour démarrer 2011, je vais vous parler d'une de ces petites maladies qui "privilégient" plutôt une catégorie d'individus et, mesdames, c'est à vous que je m'adresse.

La cystite touche une femme sur deux et les petites bactéries qui en sont responsables, vont profiter des failles de votre anatomie. Mais la structure anatomique n'est pas la seule raison de ces infections, parfois à répétition, et d'autres facteurs et comportements à risque que je vais vous rapporter peuvent offrir un terrain propice au développement et à la colonisation bactérienne, cause de ces cystites.

La cystite est une infection urinaire provoquée par la présence de bactéries dans les urines. Dans les conditions normales, l'urine récoltée dans votre vessie, constituée d'eau, de sels minéraux, de substances organiques... est stérile. Mais parfois, provenant de la flore fécale, des bactéries vont venir s'implanter, se multiplier et enfin coloniser la région autour de l'anus et du méat urinaire (= orifice externe de l'urètre qui est un canal situé sous la vessie par lequel s'évacuent les urines; à noter que les uretères, eux sont 2 canaux qui quittent les reins et débouchent dans la vessie... à ne pas confondre donc).

Une fois bien implantées, ces bactéries vont remonter joyeusement dans la vessie et provoquer son inflammation. Vous allez me dire: homme et femme ont un anus et un méat urinaire... pourquoi les femmes sont elles plus fréquemment touchées... simplement parce que la notre est plus longue. J'entends par là que l'urètre féminin est plus court (donc les bactéries atteignent plus vite leur but) et surtout plus proche de l'anus, ce qui est propice aux infections.

Afin de faciliter l'homolocalisation (pardonnez ce néologisme), et vous permettre de situer tous les mots compliqués que je vais devoir utiliser, voici un petit schéma de l'appareil urinaire. 3 choses utiles à savoir pour la suite de l'article:

- le dôme rénal se situe au niveau du diaphragme et non pas dans le bas du dos.

- L'autre nom du bassinet est le pyélon.

- Le germe responsable, incriminé dans 4 cystites sur 5 est Eschericia coli (cf photo de garde). Mais on retrouve également d'autres germes pathogènes tels que les streptocoques.

 

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Imaginons, mesdames, que vous ayez une hygiène corporelle suffisante... Pas de soucis, peu de risques de développer une cystite, vous êtes en harmonie avec votre corps. Par contre, pour celles qui ont une hygiène urogénitale inexistante ou excessive, ces comportements peuvent favoriser la survenue d'une cystite.

Pour le cas de l'absence d'hygiène, pas besoin de faire un dessin, tout le monde aura compris, mais alors comment une hygiène intime excessive peut elle entraîner l'apparition de cystites ? L'usage d'un savon bactéricide, la pratique trop fréquente de douches vaginales va modifier le pH régional. Modification de pH, signifie modification de l'environnement. Même si vous tuez un grand nombre de bactéries, certaines vont présenter une résistance et trouver là un terrain propice à leur multiplication et donc à la colonisation menant à la cystite.

D'autres facteurs entrent également en jeu comme l'hérédité, encore appelé dans ce cas susceptibilité familiale qui augmente les risques, des variantes anatomiques de la position de l'urètre, un déséquilibre hormonal (entraîne également une modification du pH) ou simplement une petite infection vaginale. Comme vous le voyez, beaucoup de paramètres sont susceptibles d'offrir un terrain propice à l'infection.

 

Comment reconnaître les symptômes:

La plupart des cystites sont dites "simples" et leurs symptômes sont très caractéristiques:

  • Mictalgies (= douleurs et brulûres à la miction)
  • Impériosité mictionnelle et Pollakiuries (= besoins fréquents d'uriner même de petites quantités car on a la sensation d'une plénitude vésicale)
  • Urines troubles et malodorantes
  • Hématuries macroscopiques (sang dans les urines)

 

Donc, tous ces symptômes sont les signes d'une cystite "bénigne" mais n'en demeure pas moins douloureuse et gênante. Cependant, ce n'est pas une pathologie à prendre à la légère et particulièrement dans les cas de récidives ou d'antécédents familiaux. La consultation médicale n'est pas un luxe car dans certains cas, des complications peuvent survenir. Je vous ai dit que le plus souvent, les bactéries remontaient jusqu'à la vessie où elles provoquaient l'inflammation, mais parfois ces petites saloperies, trouvant leur terrain de jeu trop restreint, ne trouvent rien de mieux que de remonter les uretères jusqu'aux reins, pouvant entraîner une infection rénale grave appelée pyélonéphrite. Vous retrouvez dans ce terme barbare:

  • le préfixe "pyélon" dont je vous ai parlé au niveau du schéma, 
  • "néphr" qui désigne le rein,
  • "ite", suffixe médical désignant une inflammation.

 

Celle ci commence comme une cystite banale et sans gravité, puis s'accompagne d'importantes douleurs lombaires et dorsales (contrairement à ce qu'on pense, les reins ne sont pas situés au niveau du bassin... (cf mon petit mot avant le schéma de l'appareil rénal), d'où la localisation de ces douleurs), accompagnées de fortes fièvres, de frissons et de sudation (= transpiration). Dès l'apparition de ces nouveaux symptômes, on ne se pose pas de questions !!! c'est une urgence médicale absolue et la consultation doit être immédiate !! Vous remettez le ménage, les courses, votre boulot, la wii, vous abandonnez les gosses à l'école, vous laissez en plan votre mari... il n'y a plus que vous qui comptez !! J'espère que je me suis bien fait comprendre !! La plupart du temps, cette pyélonéphrite peut être vaincue par un arsenal d'antibiotiques, mais parfois, l'hospitalisation est nécessaire car la cause peut être une malformation anatomique et l'opération évitera les récidives.

 

Maintenant parlons un peu de sexe ... (il parait que ça fait vendre... ou lire... ahah)

Certaines habitudes liées à l'activité sexuelle (changement de partenaires, fréquences des rapports, alternance anale-vaginale...) peuvent être déterminante dans la survenue d'une cystite. L'utilisation d'un diaphragme ou de spermicides est également incriminée.

De même après la ménopause, la diminution du taux d'oestrogène provoque une augmentation du pH vaginal (je vous renvoie, pour les explications, à mes articles sur la ménopause), qui rend l'environnement moins acide et permet aux bactéries de se développer plus facilement. La colonisation du vagin n'en est que meilleure et les risques augmentent.

Voilà pour l'information générale. Quant au traitement, sachez que la plupart des produits en vente libre en pharmacie sont efficaces pour empêcher l'adhésion (et juste l'adhésion) des bactéries sur le canal urètral, empêchant normalement toute migration jusqu'à la vessie, d'autre médicaments sont des antiseptiques... mais pour ce qui est des cystites à répétition accompagnées de douleur et de sang dans les urines, même si certaines possibilités s'offrent à nous en fonction des pays et de leur législation, il est tout de même important de consulter un médecin qui est seul à pouvoir diagnostiquer la maladie. Le pharmacien dispose lui de sa capacité à administrer le bon traitement pour un diagnostic effectué. De toute façon, n'hésitez jamais à consulter et à vous informer. Le conseil est gratuit à l'officine !!

Et puis je ne vais pas vous abandonner sans vous donner quelques petits conseils. Pour éviter toutes récidives, ou simplement pour éviter la survenue d'une cystite:

  • Buvez beaucoup d'eau (plus d'1L par jour jusque 2L et plus par temps chaud et sec)
  • Veillez à uriner régulièrement pour éviter la stase urinaire et surtout ne vous retenez jamais.
  • Evitez les toilettes intimes excessives et agressives, même après un rapport sexuel. Pas besoin de savons irritants, bactéricides... l'eau suffit amplement. Même une petite douche tout bête sera efficace.
  • Pensez à aller uriner après un rapport sexuel
  • Essuyez vous d'avant en arrière et pas l'inverse. Et si vous avez des enfants (particulièrement des filles en bas âge), éduquées les en les accompagnant aux toilettes et utiliser des mots simples pour ce geste afin de leur éviter un jour des maux compliqués.
  • Evitez les pantalons serrants, et préférez les sous vêtements en coton, lesquels favorisent moins la transpiration et donc la prolifération microbienne
  • Mangez sainement
  • Consultez régulièrement votre gynécologue.

 

Si vous appliquez ces quelques conseils, vous verrez, pour celles qui font des cystites à répétition, une diminution de leur fréquence d'apparition. Je reste bien évidemment à votre disposition, via les commentaires, pour toutes questions que je n'aurai pas aborder.

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