missdoubtfire.jpegEt voilà mesdames, la 50aine arrive et avec elle, le spectre de la ménopause. Les 1ers symptômes pointent le bout de leur nez et on a beau se dire que c'est la vie... ouais, ben on préfèrerait être un mec. Malheureusement, votre chromosome X surnuméraire en a décidé autrement et il va falloir faire avec. Et cet "épisode" inconnu de nos ancêtres, vous l'appréhendez, vous en avez déjà dressé un tableau noir et pourquoi... ? Parce que cette étape importante de votre vie est méconnue, et c'est pour cela que vous la redoutez. Je vais donc faire un petit tour d'horizon de cette phase de la vie hormonale à travers 2 articles.

 

La ménopause est un phénomène naturel qui apparait, en moyenne autour de 52 ans et se caractérise par la fin définitive et irréversible des règles et de la fertilité. Mais cela n'apparait pas un beau matin, comme par enchantement. La ménopause est précédée par une phase de préménopause, période pendant laquelle les ovaires produisent de façon très variables de moins en moins d'hormones sexuelles féminines (à savoir les oestrogènes et la progestérone) jusqu'à l'arrêt définitif de la production d'hormones par les ovaires et arrêt de la production d'ovules. Les femmes ne sont donc plus fertiles.

 

Dans un passé proche, disons au milieu du XIXème siècle, l'espérance de vie des femmes avoisinait les 50 ans. Un grand nombre de nos arrière-grands mères n'atteignaient donc jamais l'âge de la ménopause. Aujourd'hui, l'espérance de vie approchant, en Europe, les 80 ans, les femmes sont dès lors ménopausées près d'un tiers de leur vie et ce phénomène relativement moderne dans la vie du beau sexe mérite une attention particulière afin de les aider à maintenir une qualité de vie optimale.

 

Optimale... Oui mais c'est chaud. En effet, l'arrêt de la production des hormones peut entraîner des modifications radicales de l'organisme. Et je dis bien "peut". Ce n'est pas systématique et chaque femme vit sa propre expérience de la ménopause. Contrairement au système qui aime classifier, catégoriser, n'oublier jamais que vous êtes uniques !!! Alors avant de faire de petits zooms sur les principaux troubles, établissons une chronologie des symptômes.

 

Dans un 1er temps, on a:

  • Modifications des règles au niveau de la périodicité et du flux
  • 1ères apparitions des bouffées de chaleur, même si les règles sont toujours présentes. Le taux hormonal est alternativement très faible (troubles) puis normal (pas de troubles)
  • D'importantes sueurs surviennent la nuit au point de provoquer le réveil et entraînant un sommeil perturbé et une sensation de fatigue au cours de la journée
  • Irritabilité et sautes d'humeurs

 

Ensuite:

  • Amincissement de la paroi du vagin et sécheresse vaginale
  • Rapports sexuels douloureux à cause de l'hypersensibilité et de la sécheresse vaginale
  • Pertes urinaires
  • Peau sèche
  • Articulations douloureuses

 

Bien plus tard:

  • Ostéoporose car la fabrication de la nouvelle masse osseuse est plus lente que la destruction de l'ancienne
  • Pilosité plus abondante sur le visage

 

Waoh... Quelle litanie apocalyptique !! En relisant tout ça d'une traite, je remercie le Ciel d'être un mec et je ressens de l'empathie... non, non, c'est pas une blague, il m'arrive d'être empathique... Enfin, détaillons vos plus grandes souffrances.

 

Les bouffées de chaleur

 

C'est le trouble le plus commun et aussi le plus socialement handicapant, caractérisé par des sensations de chaleur intense, accompagné de suées alors qu'aucun effort n'a été fourni. Elles s'accompagnent également d'insomnie, de fatigue, d'irritabilité. Je disais "socialement handicapant"; en effet, elles peuvent survenir à n'importe quel moment, dans n'importe quelle situation, et cela peut faire perdre leur assurance à bon nombre de femmes. Et malheureusement, il n'y a pas de remède miracle à l'exception de la prise d'hormones naturelles, mais pour celles qui regardent ces hormones avec beaucoup d'inquiétude, quelques petits gestes peuvent aider, tel que le port de vêtements plus légers (quoi qu'en cette saison), diminuer la température de la chambre à coucher... bref, tout ce qui peut vous aider à vous sentir plus à l'aise. Et si vous êtes en société, ne perdez pas pied lorsque les bouffées se manifestent; signalez que vous allez juste vous repoudrer le nez et profitez de ce court instant de solitude pour vous rafraîchir et reprendre toute votre assurance.

 

La sécheresse vaginale

 

Un autre trouble important lié à la ménopause est l'atrophie des organes génitaux et la sécheresse vaginale qui peuvent gêner les rapports sexuels. L'atrophie peut également générer une irritation de la peau autour du vagin et des sécrétions douloureuses. Dans ce cas, il est d'usage d'en parler à votre médecin qui vous prescrira des crèmes locales ou des suppositoires vaginaux (ovules à base d'hormones) apportant ainsi un soulagement.

Lors de rapports, il faut toujours mentionner la douleur que l'on ressent. Ce partage de votre intimité avec votre partenaire ne pourra que renforcer vos liens, lui permettre d'être plus attentif et d'essayer des tas de nouveaux jeux.

 

Les sautes d'humeur

 

j'ai presque envie de dire qu'il n'y a pas besoin de la ménopause pour découvrir chez vous des sautes d'humeur, ou alors j'ai toujours eu des copines capricieuses...  Mais comme nous aimons à vous excuser et que des paramètres physiques cautionnent cette attitude, voilà de quoi argumenter votre "mauvaise foi". Les variations de la production hormonale (oestrogènes, progestérone et autres androgènes) excercent une forte influence sur l'humeur, de quoi vous faire vivre des montagnes russes sentimentales. Mais comme pour tout, l'esprit domine la matière et avec un peu d'exercices, vous pouvez contrôler ces émotions. Et puis parler de ces sautes d'humeur à votre conjoint ou à vos enfants (surtout s'ils sont dans l'adolescence) leur permettra de mieux vous cerner, mieux vous comprendre et mettre sur le dos de ces hormones certaines attitudes bizarres.

 

L'augmentation de la tension artérielle

 

Hé oui, décidemment, ça va mal. En plus des hormones voici que les graisses du sang viennent mettre leur grain de sel. Les taux de graisse subissent une modification conséquente et le cholestérol augmente entraînant une augmentation de la tension artérielle, laquelle ne fait malheureusement pas l'objet d'un dépistage systématique. Ainsi, si avant la ménopause vous êtes naturellement plus protégées contre les AVC et autres infarctus que les hommes, cette protection se perd à la ménopause. Un petit check up annuel est donc toujours de bon augure et permettra de prévenir d'éventuels problèmes et la sécurité sociale vous en remerciera.

 

L'ostéoporose

 

Enfin, le foutu mot qui vous fait vieillir et qui pourtant n'apparait que tardivement après la ménopause: l'ostéoporose.

Cette fragilisation du squelette est due d'abord à une carence hormonale qui accélère la perte de la masse osseuse et pourra, à un âge avancé, occasionner des fractures.

L'ostéoporose (et le stade préalable appelé ostéopénie) sont encore trop peu dépistées (je vous rappelle que la ménopause est un phénomène récent) mais un simple examen appelé ostéodensitométrie permet de déterminer la densité osseuse. En quoi cela peut il servir ? Il permettra au médecin de décider de la pertinence d'un traitement médicamenteux approprié. Mais avant d'en arriver à ce stade, une bonne hygiène de vie (alimentation équilibrée, pratique sportive comme la natation...), un régime riche en calcium, un apport suffisant en vitamine D vous permettra de ralentir significativement la survenue de ce trouble.

 

Voilà pour les grandes lignes. Dans un prochain article, je vous parlerai de l'hormonothérapie et de la sexualité après la ménopause. Et n'oubliez pas qu'une visite chez votre pharmacien vous permettra d'avoir des réponses à toutes vos autres questions et cela gratuitement.

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