Voici 15 jours, je racontai de quelle manière je décidai de prendre le départ de la transat Jacques Vabre en compagnie de mon presque frère de lait: Nicolas !!

Aujourd'hui, 19/11/2011, l'aventure s'achève à 12h15 heure bruxelloise avec une 2534 ème place face à plus de 97000 concurrents, soit une durée de course exacte de 16 jours 21 heures 17 minutes entre le Havre (France) et Puerto Limon (Costa Rica)

 

arrivéeTJV2011

 

quant au père Nico, il termine à une magnifique 4030ème place après 17 jours 8 heures et 56 minutes de mer.

 

TJV 2011 Nico

 

Mais la fin de parcours a été terrible !! Les vents basculaient en permanence en mollissant et il a fallu zigzaguer dans cette portion de l'Atlantique comme je l'avais rarement fait.

 

Je pourrai vous raconter notre aventure, mais mon cher Nico ayant écrit un article relatant cette course de magnifique manière que je décide de lui faire honneur.

 

La régate selon Nicolas:

 

Tout a commencé par l'envie irréfutable de se mettre en course avec un très bon ami. Le but n'était pas seulement de le battre ou de se surpasser, mais de chercher à m'en rapprocher, d'avoir une excuse pour passer plus de temps avec lui, même si un demi méridien nous sépare géographiquement. J'ai donc pris le départ sous un soleil radieux, symbole de tous les souvenirs de régate dans notre Mer du Nord. Si le soleil me caressait la peau, le vent lui n'était pas au rendez-vous le premier jour. En effet, j'ai rejoint la flottille 10 000 places devant mon concurrent et néanmoins ami. J'ai consciencieusement suivi les règles de calcul que m'a enseignées mon paternel, pour voir que l'Option Nord était la meilleure. J'ai donc beaucoup joué, je me suis faufilé entre les différents anticyclones pour me frayer un chemin en me propulsant le long de leur côté moteur pour prendre de l'avance. Mais en classement réel, du retard j'ai accumulé. Je me suis rapproché de mon bateau ami Globepharma, que j'ai entraîné dans ma décote. Ensemble, nous avons suivi notre route, pris le temps d'aller jusqu'au bout de nos choix, même si nos places dégringolaient. On était dans les 27000ème... Frustrant.

Nous savions qu'un bon matin après une renverse du vent nous devrions à nouveau faire route vers le Sud pour rejoindre les autres, et passer cette bouée de dégagement bien mal placée. Ce joyeux matin est finalement arrivé, la girouette en tête de mât nous a transmis le message. Mais cette renverse est arrivée le jour où elle ne devait pas, LE matin durant lequel j'ai fini mon quart trop tard, et que je me suis retrouvé à rêver que j'étais au travail, enfermé dans une petite salle surchauffée par les 12 personnes transpirantes qui m'écoutaient raconter les nouvelles avancées technologiques que cette année de travail m'a permis de réaliser. C'est très très long une réunion, je ne me suis pas réveillé tout de suite. Mais lorsque j'ai rouvert les yeux, il manquait quelque chose, mon bateau ne vibrait plus, la quille ne fendait plus l'eau à la vitesse du son. J'enfile ma veste, je saute dans mes bottes et je me jette sur le pont. Horreur !!!! Je constate que mon bateau est en perdition, abandonné par son skipper, mais surtout par sa flotte environnante qui a repris le large vers le sud. Qu'importe ! Un grand coup de barre pour retourner chercher la risée, me me voilà reparti sous spi. Une fois la manœuvre finie, je prends les jumelles et je regarde dans mon sillage. Plus de trace de Globepharma... Inquiet, je file à la table à cartes pour jeter un coup d’œil sur le radar, pour savoir s'il n'est pas arrivé quelque chose à mon ami. En réalité, il se portait très bien, je dirais même que c'est le vent qui l'a porté très loin devant moi. C'est le jeu, soyons fair-play, ne jetons pas les manivelles à l'eau, et reprenons la course !

L'option Nord commence à payer, je suis en pleine remontée de classement. On a réussi à remonter 20 000 places ! Et puis je cherche à rattraper Pierre, ce que je réussis à faire en m'acharnant à chaque flèche de vent pour adapter l'allure du bateau. Par rattraper, j'entends rattraper mon retard, parce que je n'aurais jamais l'occasion de tamponner le bout de sa poupe avec mon étrave.

Une fois la bouée de dégagement passée, c'est l'heure de la concertation. Sur le canal 77 de la VHF donc, nous nous exposons notre analyse de la situation pour les prochains jours qui nous permettront de rejoindre le Costa Rica. Le vent n'est pas notre ami cette semaine là, et nous oblige une nouvelle fois à tirer un bord vers le Nord Ouest, la côte Vénézuélienne étant totalement dépourvue de vent. Ce fut donc une succession de longs bords de faible portant, pour ensuite redescendre vers la bouée d'arrivée. Qui est arrivé plus vite que prévu en fait, j'ai été contraint de ranger mon sombrero et ma tequila pour signaler mon approche au bateau Comité. Et voilà comment s'est déroulée la TJV 2011 :)

 

Quelques mots pour conclure

 

Quelques regrets pour Nico et moi même: le 1er bien sur est celui d'avoir participé à cette Jacques Vabre en virtuel et non pas en réel, car c'est tellement plus grisant d'être sur l'eau. Oserai je espérer m'aligner un jour au départ avec Nico... qui sait, la vie est parfois si étrange. Le 2nd regret est pour ma part, celui de m' être planté une matinée complète sur les Iles Scilly au départ de la course qui m'a fait perdre prêt de 15000 places. Normal, dans des vents de plus de 30 noeuds, ça file sévère devant. Et faute d'avoir accès au pc en permanence, ben ça ne pardonne pas. Quant à Nico, il vous en a parlé précédemment, mais les prévisions météo ayant changé au cours de la nuit, le pauvre est resté englué dans une zone de molle et le nez au vent de surcroit passant plus de 4h à 0 noeud.... Là aussi, ça fait mal. Foutue réunion de travail !!

 

Les points positifs, sont le bon choix tactique d'avoir tiré au nord (pour ma part jusqu'à 53°N) dès le début de la course, permettant d'atteindre de vertigineuses vitesses, aussi bien au près que sous spi. Notre option nous a emmené, quant au classement,  loin derrière les autres skippers, mais une fois la longitude 28°W passée, nous avons pu faire du travers jusqu'en République Dominicaine nous faisant remonter dans les 5000 premières places.

 

Nous aurions pu finir mieux classé sans l'ombre d'un doute car tout s'est joué entre le Costa Rica et la République Dominicaine. Les vents forts étaient au nord et les plus faibles au Sud, mais depuis 84h, les vents ont salement mollis, girouettaient comme un voleur pris la main dans le sac, et dépourvus d'options comme le pilote automatique ou le régulateur d'allure, on a loupé chaque changement de vent; dans ces cas là, on reste encrassé et ça dure jusqu'à la prochaine connection !! Enfin, il faut bien faire des temps de références pour les prochaines fois.

 

Voilà, cette aventure de 2 semaines s'achèvent plutôt gaiement. Nous avons fini dans le 1er 1/18ème du classement, ce qui est très honorable pour des skippers sans options et travaillant !! Allez, la prochaine fois, ce sera en vrai !!

 

Enfin, histoire de voir ce que représente 97326 voilier sur l'eau, voici une vue satellite de la régate.

 

tjvsat

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