Obadiah StaneLes découvertes scientifiques pourraient se résumer ainsi: on cherche une aiguille dans une botte de foin.... et on découvre la fermière... c'est quand même plus fun, non ?? C'est ce qui s'est passé récemment avec la découverte d'un traitement contre l'alopécie (= perte des poils; venant du latin "alopex" en référence au renard qui perd sa toison annuellement) alors qu'on cherchait à travailler sur une hormone antistress.

 

Nous devons cette découverte à 3 centres de recherche situés aux USA où le Dr Mulugeta travaillait sur des murins (= souris) génétiquement modifiés dans le but de les maintenir dans un état de stress permanent. La modification génétique entrainait chez ces rongeurs une surproduction de la corticotrophin-releasing factor (CRF) mettant ces souris en situation de stress permanent et entraînant une perte de leur pilosité, devenant complètement "chauve" au crépuscule de leur vie (la durée de vie moyenne d'une souris est de 2 ans).

 

En travaillant sur les hormones du stress et leurs conséquences sur le système gastrointestinal, les chercheurs ont mis au point un peptide (= séquence d'AA semblable à une protéine du point de vue structurel mais plus petite que celle ci) devant se fixer sur les mêmes récepteurs que les hormones du stress mais dont la structure entrainait un effet antagoniste. Après avoir appliqué cette substance (que l'on a baptisé Antistressin B) durant 5 jours à nos souris mutantes, les chercheurs ont laissé nos cobayes 3 mois parmi leurs congénères. Après ce délai, voulant observer les effets de l'antistressin, ils ont été incapables de retrouver les souris traitées car celles ci avaient retrouvées toute leur pilosité.

 

La chose intéressante dans cette découverte, c'est que le traitement a été de courte durée (cad qu'on est très loin des doses massives, des traitements longues durées et des risques de toxicité qui peuvent les accompagner) et que pour 5 jours de traitement, les effets ont duré au moins 4 mois, cad 1/6 d'une vie de rongeurs, représentant à notre échelle près de 17 ans. Alors ici, on est en pleine théorie. En effet, ce qui se passe chez les souris ne signifie pas que ça marche aussi pour l'homme. Et puis avant d'expérimenter sur l'homme, il faudra passer au peigne fin (oui, je sais c'est très drôle)  les résultats, observer les effets secondaires, les risques toxiques... et on ne passera sur l'homme que d'ici une demi décennie. Quant à connaitre la future forme galénique employée, ce ne sera ni le suppo (cf BD), ni la voie orale au risque d'avoir un cheveu sur la langue, ni en shampooing au risque d'avoir un poil dans la main...

 

chauve

 

A une époque où les magazines vous disent que la calvitie est une tare, le fléau de la gente masculine, entrainent l'homo sapiens masculin fragile et/ou complexé vers les psychologues ou des traitements de fortune dont l'efficacité est douteuse, cette information va en rassurer plus d'un et permettre la fortune des labos de cosméto. Quant aux hommes qui assument leur calvitie, je lève mon verre à leur force de caractère, à l'acceptation qu'ils ont fait de leur être et à l'instar de Patrick Reymond, chauve heureux, je rappellerai ce mot d'un Maréchal de France sortant de la Bastille après un long séjour:

- "Madame, vous avez constaté que la tête est devenue blanche, mais vous prie de vérifier que, comme les poireaux, la queue est restée verte."

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